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Speech about FRIENDS' participation in the CRTC's recent public hearings concerning CBC/Radio-Canada's network licence renewals

Feb 11, 2013

Diner-conférence du
Syndicat canadien de la fonction publique
SCFP Section locale 675
Au Maison Radio-Canada
Salle Raymonde-David

Mesdames et messieurs, bonjour et merci de votre invitation.

Albert Einstein a déjà dit à Charlie Chaplin : « Ce que j'admire dans votre art, c'est son universalité. Vous ne dites pas un mot, et pourtant le monde vous comprend. »

Charlie Chaplin lui répond : « C'est vrai, mais votre gloire est plus grande encore : le monde anti-ay vous admire, alors que personne ne vous comprend. »

Je n'aspire pas à la gloire, mais j'espère qu'aujourd'hui, dans ma langue seconde, vous allez tous me comprendre!

Les AMIS de la radiodiffusion canadienne - FRIENDS of Canadian Broadcasting, est un chien de garde indépendant pour le contenu canadien dans le système audiovisuel de langue anglaise.  Partant d'un groupe de deux milles personnes qui, pour protester les coupures à Radio-Canada du nouveau gouvernement Mulroney, ont placé une annonce de deux pages dans le Globe and Mail en février mille neuf cent quatre-vingt cinq, nous sommes aujourd'hui un regroupement de plus de 180 000 foyers de supporteurs - environs 360 000 Canadiens, un peu plus de 1% de la population adulte au pays.

Comme un radar tournant, nous balayons l'horizon audiovisuel pour relever l'information nécessaire à la défense de nos valeurs. Nos cibles principales sont les radiodiffuseurs et distributeurs détenteurs de licences du CRTC,  le Conseil lui-même et le gouvernement fédéral. Nos priorités actuelles pour le secteur privé sont la concentration des médias, la propriété croisée, et le maintien de la propriété et du contrôle canadiens. Dans le secteur public, nous suivons tous les radiodiffuseurs, mais surtout la Société Radio-Canada, où nous surveillons particulièrement le financement, la programmation locale et la réforme que nous souhaitons de la gouvernance.   

L'année dernière, nous avons levé 3 millions de dollars en contributions d'une moyenne de 50$ de soixante milles donateurs individuels. Nous n'acceptons jamais de dons d'entités détenant une licence du CRTC. Nos activités principales comprennent la recherche sur les auditoires et sur l'opinion publique, les communications publiques, du travail de plaidoyer auprès de la base, les relations avec les médias et la surveillance du CRTC, de la scène fédérale et des activités des radiodiffuseurs. Comme vous pouvez l'imaginer, notre grande priorité de l'année dernière fut le processus des licences de Radio-Canada au CRTC - pour la première fois depuis 13 ans! 

Nous avons pris plusieurs démarches pour nous préparer pour les audiences au CRTC :

  1. Nous avons analysé le contenu des premières 2 000 environ interventions de nos supporteurs, celles reçues avant que le CRTC avortent le processus en deux-mille onze, et nous y avons identifié les dix questions prioritaires pour eux. Je pourrais vous en parler plus longuement lors de la période des questions si vous voulez.
  2. Nous avons organisé des consultations publiques sur l'avenir de Radio-Canada sous la rubrique « THE CBC WE WANT » dans huit villes : Waterloo, Vancouver, Victoria, Halifax, Winnipeg, Saskatoon, Hamilton et Kingston.
  3. Nous avons aussi commandité des analyses de l'impact économique de l'introduction des annonces à Espace Musique et Radio 2; de la vulnérabilité financière de la Société si son réseau anglais devait perdre les droits au hockey de la LNH en deux-mille quatorze; et de la performance du réseau anglais de télévision vis-à-vis des obligations et attentes réglementaires imposées par le CRTC aux dernières licences.

Il est difficile de résumer rapidement une intervention de 59 pages, mais vous pouvez la consulter à friends.ca, surtout en anglais. Les parties les plus importantes traitent de notre analyse de la dépendance de la Société sur les revenus générés par le hockey professionnel au réseau anglais et de l'impact des annonces à Radio 2.

Nous n'avons pas été du tout impressionnés par la performance de la haute direction de la Société aux audiences, à l'exception de quelques personnes des réseaux français. Il s'agit sans doute d'une conséquence du renouvellement intégrale de l'équipe de direction depuis les dernières audiences.  Les représentants de l'équipe chargée des affaires réglementaires ont même démontré une ignorance des plus simples règles de conduite au CRTC. 

Les conseillers et le personnel du CRTC prennent à cœur leurs responsabilités et je crois que leur décision pourrait surprendre.

J'envisage la possibilité que le Conseil va résister aux arguments de Radio-Canada (« faites-nous confiance ») et refuser d'approuver les annonces à la radio. La nouvelle orientation du CRTC en faveur du « consommateur » laisse présager qu'il prennent part  pour les auditeurs et les téléspectateurs. Nous connaîtrons les résultats tôt ce printemps.

Je pense que rien que le CRTC peut faire pourra avoir un effet sur la programmation comparable à la coupure de 10% du financement du gouvernement, en dépit de ses promesses électorales de maintenir ou d'augmenter ce même financement.

La Société Radio-Canada n'est qu'une seule entité corporative, malgré sa division linguistique en matière d'exploitation, et l'avenir des réseaux anglais et français sont profondément liés. Donc, même si nous ne prétendons pas parler au nom des auditeurs et téléspectateurs francophones, nous défendons l'institution entière. Comme le dit mon collègue RH Thomson, le grand comédien qui siège à notre comité directeur, lorsqu'on parle de Radio-Canada, on parle de l'espace publique dans les médias, comme les parcs sont les espaces publiques dans la ville.

La Société Radio-Canada n'a pas toujours été détestée des gouvernements. C'est un premier ministre conservateur, R. B. Bennett, qui a mis sur pied la radiodiffusion publique au Canada au creux de la grande Dépression. Mackenzie King, Louis St-Laurent et Lester Pearson ont toujours soutenu la radiodiffusion publique. Brian Mulroney était, au pire, neutre face à la question. Seuls Trudeau, Chrétien et Harper ont été foncièrement hostiles, les deux premiers pour des raisons de chicanes fratricides, tandis que Harper est un véritable Néoconservateur, un Républicain à peine déguisé. Il aimerait bien étouffer la radiodiffusion publique. Mais il sait qu'elle demeure très populaire auprès des Canadiens.

Notre tâche, telle que nous l'envisageons, est de le convaincre qu'il n'est pas politiquement rentable d'attaquer la radiodiffusion publique.

Voici nos priorités politiques vis-à-vis de Radio-Canada :

  1. Combattre les coupures : convaincre les partis d'opposition de s'engager à mettre en vigueur les recommandations du Comité permanent du patrimoine à la Chambre des communes de deux mille huit qui demandaient l'augmentation du financement de la Société Radio-Canada à au moins la moitié de la moyenne investie par les pays de l'OCDE, ce qui aurait pour effet d'augmenter le financement parlementaire de la SRC de 35%, ou quatre-cent millions de dollars par année;
  2. La réforme de la gouvernance : en finir avec le patronage, en mettant en place un Conseil d'administration compétent et indépendant qui aurait le pouvoir d'engager et de renvoyer le président; et
  3. Renforcer la base : mettre l'accent sur la clause de la Loi sur la radiodiffusion selon laquelle Radio-Canada doit  « refléter la globalité canadienne et rendre compte de la diversité régionale du pays, tant au plan national qu'au niveau régional, tout en répondant aux besoins particuliers des régions. »

En conclusion, je vous dirais que malgré nos relations plutôt froides avec la haute direction de la Société, nous soutenons avec fidélité le travail des artisans qui font sa programmation, et nous sommes toujours ouverts à collaborer avec ceux qui partagent nos valeurs.

Merci!

Ian Morrison
Port-parole
Les AMIS de la radiodiffusion canadienne