La Presse jette l’éponge

May 8, 2018

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Montréal – La Presse, le plus grand journal du Québec, se rendait aujourd’hui à l’évidence : son modèle d’affaires ne tient plus la route. 

La décision de restructurer La Presse en organisme à but non lucratif devant vivre aux crochets des gouvernements et des donateurs renchérit les enjeux de la crise médiatique canadienne et nous oblige à poser la question : que faudra-t-il pour qu’Ottawa se porte au secours de nos médias locaux ?

« La Presse survivait tout en produisant un journalisme de qualité, dernièrement sous forme tablette seulement. Si La Presse n’est plus rentable, la plupart des médias canadiens n’auront pas plus de chances de survie. Ottawa doit prendre les mesures nécessaires dès maintenant pour résoudre cette crise, » a déclaré Daniel Bernhard, directeur général et porte-parole des AMIS de la radiodiffusion canadienne. 

Le gouvernement lançait dans le budget de 2018 un fonds de 50 millions de dollars pour faciliter la transition des publications vers le numérique.

« La Presse a été le chef de fil mondial en passant à l’édition tablette seulement. Pourtant, elle n’a pu générer suffisamment de revenus pour soutenir une salle de nouvelles d’envergure. Le problème, ce n’est pas le virage numérique, mais bien de retenir suffisamment de revenus publicitaires pour financer un journalisme de qualité, » a rajouté M. Bernhard.

Selon La Presse, « Entre le modèle que nous avons conçu en 2010 et la réalité d'aujourd'hui apparaît un écart important en termes de revenus publicitaires, dû à la montée fulgurante des géants américains que sont Facebook et Google... À eux deux, ils accaparent près de 80 % des revenus publicitaires numériques totaux au Canada. »

Une brèche dans la Loi sur l’impôt laisse fuir jusqu’à 5 milliards de dollars par année  en revenus publicitaires  qui auraient autrement soutenu La Presse et les autres médias qui produisent le journalisme indépendant nécessaire à notre démocratie.

« Il est grand temps de colmater cette brèche avant de perdre d’autres salles de nouvelles au profit de Google et Facebook. Le gouvernement doit cesser de prendre l’argent des contribuables afin desubventionner ces grandes entreprises numériques mondiales. 

« Il s’agirait de la meilleure façon de retenir le plus de fonds possible dans le secteur des médias canadiens tout en évitant les écueils éthiques que soulèverait un financement direct du journalisme par le gouvernement, » selon M. Bernhard.

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Les AMIS de la radiodiffusion canadienne est un groupe de surveillance indépendant pour la programmation canadienne et n’est affilié à aucun radiodiffuseur, ni parti politique. 

Renseignements : Jim Thompson 613-447-9592 • jim@les-amis.ca