Source : La Presse
Michael Fortier est très satisfait de l'année 2007. Il ne le dira pas ainsi, mais avec sa collègue Josée Verner, responsable du Patrimoine canadien, il aura réussi à faire oublier les relations tumultueuses qu'avait entretenues Bev Oda avec le Québec en 2006.
Le ministre responsable de Montréal au gouvernement fédéral estime que le choix de la culture pour développer Montréal est le bon.
«Notre gouvernement est reconnu pour appuyer l'excellence, que ce soit en sciences ou en arts et culture. L'attention donnée à Montréal vient du fait qu'ici la culture est vraiment un moteur économique. Pas besoin d'y croire, c'est un constat», a-t-il expliqué en entrevue à La Presse.
Il cite notamment les dizaines de milliers d'emplois, le tourisme, les retombées économiques. Reste que favoriser la culture québécoise, pour le gouvernement conservateur, risque de froisser des sensibilités ailleurs au pays. Il rétorque que les cinq ministres québécois au cabinet reconnaissent l'importance de la culture ici, aussi bien que Stephen Harper.
«Notre premier ministre connaît de mieux en mieux les Québécois et ce qui les fait vibrer, dit-il. Il sait très bien que le Québec a une perspective sur la culture qui est différente d'autres régions du Canada. Quand on a formé le gouvernement, le mot d'ordre de M. Harper était de s'entendre avec nos homologues provinciaux, peu importe qui ils sont.»
En 2007, Ottawa a haussé de façon récurrente le budget du Conseil des arts du Canada à 180 millions. Le gouvernement Harper a également investi d'importantes sommes à Montréal dans l'agrandissement du Musée des beaux-arts, dans le déménagement du Planétarium et dans le Quartier des spectacles.
Michael Fortier souligne que le travail de préparation, depuis janvier dernier, en vue du Rendez-vous novembre 2007: Montréal, métropole culturelle, a été fort utile pour l'aider à se fixer sur les projets culturels à Montréal et sur le rôle que peut y jouer le secteur privé.
«Ce n'est pas toujours de grosses sommes, dit-il. Il y a des projets de taille plus modeste qui peuvent aussi se faire avec le privé. Ce secteur n'a pas encore été interpellé à son maximum. Il y a une marge de manoeuvre. On peut aider les organismes culturels à rencontrer les gens du secteur privé.»
Le ministre Fortier croit que Montréal n'a pas seulement du talent; il peut compter sur des gens entêtés, qui savent ce qu'ils veulent. Il admet toutefois que les artistes ne vivent pas tous bien, comme le démontrent les statistiques, mais il dit avoir appris à ce sujet lors du Rendez-vous.
«Ils nous interpellent, pas nécessairement pour avoir plus d'argent, mais pour nous dire: «Soyons donc plus intelligents avec l'argent que vous avez en faisant plus de projets avec les autres ordres de gouvernement»», croit-il.
C'est en fait le grand changement culturel de l'année 2007, cette volonté de travailler ensemble au développement de Montréal entre les divers ministres d'Ottawa, de Québec et le maire de Montréal, Gérald tremblay.
Le Rendez-vous portera des fruits encore en 2008, prévoit-il. Dans notre métropole culturelle, souligne-t-il, les projets pullulent, petits, moyens et grands. L'année 2007 représente un début.
«On peut avoir des intérêts divergents, mais dans les rares moments où c'est le cas, les discussions avec Québec et Montréal se tiennent dans le plus grand respect les uns des autres. J'entrevois l'avenir avec optimisme pour la culture et Montréal.»
La première réunion du comité de suivi du Rendez-vous de la culture aura lieu en février pour faire avancer les dossiers évoqués lors du sommet de novembre en présence de quatre ministres, de Québec et d'Ottawa, et du maire de Montréal.
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