Source : Le Devoir
Les syndicats de Radio-Canada et de Télé-Québec lancent une coalition de soutien à la radiotélévision publique de langue française en exigeant un financement stable, pluriannuel et à la hausse des diffuseurs publics au pays.
En pleine campagne électorale fédérale, cette coalition veut interpeller les décideurs afin de mieux affirmer l'importance du service public en radio et télévision.
Mais il s'agit d'un débat qui dépasse celui de la campagne électorale puisque, depuis 15 ans, on a assisté à l'érosion du système public.
«Il y a de l'argent disponible, explique Michel Bibeau, du Syndicat canadien de la fonction publique, mais cet argent est de plus en plus déplacé vers les producteurs indépendants» par le biais d'une vingtaine de programmes gouvernementaux d'aide à la production, dont les plus connus proviennent du Fonds canadien de télévision, de Téléfilm Canada et des crédits d'impôt.
La coalition veut également combattre l'idée voulant que la télévision privée n'existe que grâce à des fonds privés. «La télévision privée fonctionne largement avec des fonds publics», explique Sylvio Morin, de la CSN et de Télé-Québec, puisque ses émissions sont livrées par des producteurs qui profitent largement des fonds publics.
Deux personnalités des réseaux publics, Jean Dussault, de la radio de Radio-Canada, et Marie-Josée Turcotte, de la télévision de Radio-Canada, appuyaient la coalition syndicale hier. «En 20 ans, j'ai constaté une érosion du service, explique Mme Turcotte. Lorsque j'ai commencé, il existait un véritable service public dans les régions, un service dans lequel les gens se reconnaissaient et qui a sans cesse rétréci.»
La coalition rappelle que la subvention gouvernementale à Radio-Canada est passée de 946 millions à 877 millions en dix ans dans un contexte où tous les coûts ont augmenté. À Télé-Québec, la subvention du gouvernement québécois, qui s'élève à moins de 60 millions, est au même niveau depuis dix ans. À Radio-Canada, la production faite à l'interne représente à peine 11 % des heures totales de diffusion alors qu'elle représente environ 10 % de la grille-horaire à Télé-Québec. Quant aux producteurs indépendants, ils fournissent à peine 4 % de leurs propres fonds dans les productions qu'ils présentent, selon la coalition.
Le groupe, qui représente tous les syndicats importants des deux réseaux publics, veut élargir son membership à un ensemble de personnalités et d'organismes. Il entend organiser un colloque sur les réseaux publics au cours des prochains mois.
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