Source : Le Devoir
De nouvelles statistiques sur l'industrie du cinéma et de la télévision, diffusées hier, témoignent encore une fois de la «société distincte» du Québec en ce domaine. Si la production a globalement diminué de 9 % au Canada en 2004-05, le Québec a connu une hausse globale de 8 % par rapport à l'année précédente.
Dans le marché francophone, les films canadiens ont représenté 21,2 % des recettes au guichet, alors que dans le marché anglophone les films canadiens n'ont représenté que 1,6 %.
Cette différence entre les deux collectivités s'illustre d'une autre façon. Malgré le succès évident des séries québécoises à la télé francophone, le budget moyen pour une émission de fiction en anglais s'élève à 1,3 million alors que le budget pour une fiction en français s'élève à 259 000 $ en moyenne. Ces données sont tirées d'un document rempli de statistiques, Profil 2006, publié par l'Association canadienne de production de films et de télévision, avec la collaboration de l'Association des producteurs de films et de
télévision du Québec (APFTQ), Patrimoine Canada et le groupe Nordicité.
On y apprend que, du 1er avril 2004 au 31 mars 2005, la production totale au Canada, en cinéma et en télévision, a atteint 4,5 milliards de dollars, en baisse de 9 %. Cette baisse est surtout attribuable à une diminution de 23 % de la production étrangère tournée au pays et à une baisse de 39 % des coproductions réalisées avec le Canada.
La production cinématographique et télévisuelle représente quand même l'équivalent de 119 500 emplois équivalents temps plein au Canada, dont 46 000 emplois directs dans la production.
Au Québec, la production générale a connu une hausse de 8 % pour totaliser 1,3 milliard. La production indépendante en télévision, qui représente 652 millions, est en hausse de 8 %, la production nationale en cinéma, qui atteint 136 millions, est en baisse de 22 %, la production étrangère, qui atteint 261 millions, est en hausse de 35 % et la production interne des diffuseurs, de 260 millions, est en hausse de 6 %.
On estime que 34 800 emplois directs et indirects ont été créés par l'industrie cinématographique et télévisuelle au Québec en 2004-05.
À elle seule, la production télévisuelle canadienne représente 1,69 milliard, en hausse de 3 %. Les séries télévisées se taillent la part du lion puisque leur valeur atteint 1,32 milliard. La valeur de la production télévisuelle anglaise s'établit à 1,16 milliard et celle de la production française, à 482 millions.
On remarquera par ailleurs que l'apport des télédiffuseurs dans le financement des émissions augmente sans cesse, puisque de 1999 à 2005 il est passé de 18 % à 32 % du total, alors que les fonds provenant de l'étranger sont passés de 28 % à 13 %.
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